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Apprendre à jouer : Franz Xaver Gruber

> Apprendre la musique de Franz Xaver Gruber

Moins célèbre que les stars du rock, Franz Xaver Gruber est pourtant l’auteur de l’une des mélodies les plus chantées au monde. Instituteur et organiste autrichien du XIXe siècle, il est le compositeur du chant de Noël Douce nuit, sainte nuit(Stille Nacht, heilige Nacht).

Les origines : De la tisseranderie à la musique

Né en 1787 à Unterweitzberg, en Autriche, Franz Xaver Gruber semble d’abord destiné à suivre les traces de son père dans le métier de tisserand.

Une vocation contrariée

Passionné par la musique dès son plus jeune âge, il doit pratiquer en secret avant que son talent ne soit finalement reconnu par son instituteur. Son père finit par accepter sa vocation, lui permettant de suivre une formation de maître d’école, métier qui, à l’époque, incluait obligatoirement la fonction d’organiste de l’église locale.

L’installation à Arnsdorf

En 1807, Gruber obtient un poste d’instituteur à Arnsdorf. Pour compléter ses revenus et satisfaire sa passion, il accepte également de devenir l’organiste de l’église Saint-Nicolas dans le village voisin d’Oberndorf bei Salzburg. C’est là qu’il fera la rencontre déterminante du prêtre Joseph Mohr.

La création de « Douce Nuit »

Le chef-d’œuvre de Gruber est né d’une suite de circonstances imprévues durant la période de Noël 1818.

La légende de l’orgue brisé

Selon la tradition, l’orgue de l’église d’Oberndorf était hors d’usage (soit à cause de la rouille, soit à cause de souris ayant grignoté les soufflets). Le prêtre Joseph Mohr apporte alors à Gruber un poème qu’il a écrit deux ans plus tôt, lui demandant d’y ajouter une mélodie pour deux voix et une guitare afin de ne pas laisser les fidèles sans musique pour la messe de minuit.

Une composition rapide

Gruber compose la mélodie en quelques heures seulement. Le 24 décembre 1818, les deux hommes interprètent pour la première fois Stille Nacht devant les paroissiens. Gruber chante la basse et joue de la guitare, tandis que Mohr chante la mélodie ténor. Le succès est immédiat dans le petit village, sans que les auteurs n’imaginent l’ampleur mondiale que prendra leur œuvre.

Une reconnaissance tardive

Pendant de nombreuses années, l’origine de la chanson est restée mystérieuse, beaucoup pensant qu’il s’agissait d’un chant folklorique tyrolien ou d’une œuvre de compositeurs célèbres comme Haydn ou Mozart.

L’anonymat de la célébrité

Le chant s’est propagé grâce à un réparateur d’orgues qui avait récupéré la partition à Oberndorf. Des familles de chanteurs itinérants l’ont ensuite diffusé à travers l’Europe et jusqu’aux États-Unis. Gruber, resté modeste serviteur de l’Église et de l’enseignement, n’a pas cherché la gloire immédiate.

L’authentification officielle

Ce n’est qu’en 1854, alors qu’il est organiste à Hallein, que Gruber rédige un document intitulé Authentique Relation pour prouver qu’il est bien l’auteur de la musique et Joseph Mohr celui des paroles. Cette démarche visait à répondre aux interrogations de la chapelle royale de Berlin qui cherchait l’origine du cantique devenu favori du roi de Prusse.

Fin de vie et héritage

Franz Xaver Gruber passe les dernières années de sa vie à Hallein, où il continue de composer de la musique sacrée et dirige les chœurs de la ville.

Un héritage spirituel

Il meurt en 1863, laissant derrière lui une œuvre monumentale en quantité, bien que l’histoire n’ait retenu que son « petit » chant de Noël. Aujourd’hui, sa maison à Hallein est devenue un musée dédié à sa mémoire.